Juin 2004 - N°219

 

“Quelle gouvernance ? Pour quels objectifs ?”

 

Une bonne gouvernance doit allier efficacité et démocratie. L'efficacité consiste à choisir les meilleurs objectifs et à les réaliser aux moindres coûts financiers, humains et sociaux. La démocratie consiste à associer tous les acteurs concernés à l'élaboration des objectifs et aux prises de décision visant à les mettre en oeuvre. On ne peut selon moi rechercher les meilleurs objectifs et minimiser les coûts sans démocratie.

Nous avons à surmonter nos rigidités institutionnelles, à assurer la transition entre les générations d'enseignants-chercheurs et de personnels IATOS, à relever le défi du déclin de la recherche et du recrutement dans les disciplines scientifiques, à répondre au désarroi de nos étudiants dans la recherche de leur premier emploi, à insérer plus étroitement l'institution universitaire dans la vie de la cité au sens large.

Je crois nécessaire de distinguer deux champs d'action privilégiés bien qu'ils soient fortement liés : un champ d'action " interne " et un champ d'action " externe " à l'intérieur desquels il nous faudra être particulièrement imaginatifs et innovants.

Le champ d'action interne concerne notre institution elle-même et nos rapports avec nos autorités de tutelle.

La réalisation des objectifs de formation que nous nous sommes fixés dans le cadre du " quadriennal " (mise en place du LMD) exigera de l'ensemble des personnels enseignants et IATOS des modifications profondes de comportements et de structures.

Il faudrait donner à toutes les disciplines des outils modernes de transmission des savoirs (usage des technologies modernes de l'information et de la communication), répartir plus équitablement le soutien aux étudiants, définir et mettre en place des procédures souples d'évaluation de la qualité des enseignements. La réalisation de nos objectifs de recherche actuels et à venir nécessite également la mise en place de dispositifs incitatifs souples et efficaces sur lesquels il nous faudra réfléchir collectivement (cf. les assises de la recherche)

Il faudra infléchir nos structures de recherche dans le sens de la réalisation de projets innovants et évolutifs. Mobiliser la communauté des enseignants-chercheurs et des chercheurs ne passe pas toujours nécessairement par le regroupement et la concentration dans des structures de recherche lourdes et difficiles à gérer. Il nous faut rechercher des formes organisationnelles qui allient la nécessaire mutualisation des moyens et des compétences à des formes de gestion souples et décentralisées. En tout état de cause compte-tenu des méthodes de classement des universités en matière de recherche, il faudra mettre l'accent sur les publications dans les meilleures revues scientifiques et sur les dépôts de brevets et de licences. Il nous faut publier et inventer et pour cela organiser et participer à des colloques et à des programmes de recherche internationaux de haut niveau.

Notre deuxième champ d'action privilégié concerne nos rapports avec l'extérieur, c'est à dire avec notre environnement au sens large.

Il nous faut intégrer dans nos choix stratégiques en matière d'enseignement et de recherche et dans nos structures de fonctionnement notre proche environnement constitué de moyens humains, physiques et financiers et d'acteurs et d'institutions publics (les grands organismes de recherche, les collectivités territoriales, etc.) et privés (groupements d'entreprises et organisations professionnelles)

Il paraît évident que dans cette double orientation d'actions internes et externes le site de Sophia Antipolis constitue un champ d'expériences passées et de réalisations futures particulièrement exemplaire. Il nous faut associer encore plus et mieux " SA " dans " UN " et inversement impliquer plus étroitement " UN " dans " SA " de manière à pouvoir mieux intégrer et s'intégrer dans notre environnement local, régional, national, européen et international.

L'UNSA représente une collectivité publique forte d'environ trente mille personnes (étudiants et personnels), et cinq fois plus de personnes au moins qui se sentent directement concernées par la vie de notre université. C'est beaucoup plus qu'une ville moyenne du département des Alpes-Maritimes. Nous ne saurions avec une telle masse critique nous replier sur notre tour d'ivoire et accepter d'être à ce point ignorés des média locaux. Il nous faudra donc apprendre à communiquer et à informer largement le grand public sur nos réalisations. Il nous faudra aussi apprendre à mettre l'extraordinaire potentiel de compétences que nous représentons au service de la collectivité et de l'intérêt général.

Voici quelques pistes de réflexion et quelques orientations qu'il nous faudra collectivement et démocratiquement décliner en de multiples projets de développement.

Albert Marouani
Président de l’Université de Nice Sophia Antipolis.

 

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