Une
bonne gouvernance doit allier efficacité et démocratie.
L'efficacité consiste à choisir les meilleurs
objectifs et à les réaliser aux moindres coûts
financiers, humains et sociaux. La démocratie consiste
à associer tous les acteurs concernés à
l'élaboration des objectifs et aux prises de décision
visant à les mettre en oeuvre. On ne peut selon moi rechercher
les meilleurs objectifs et minimiser les coûts sans démocratie.
Nous
avons à surmonter nos rigidités institutionnelles,
à assurer la transition entre les générations
d'enseignants-chercheurs et de personnels IATOS, à relever
le défi du déclin de la recherche et du recrutement
dans les disciplines scientifiques, à répondre
au désarroi de nos étudiants dans la recherche
de leur premier emploi, à insérer plus étroitement
l'institution universitaire dans la vie de la cité au
sens large.
Je
crois nécessaire de distinguer deux champs d'action privilégiés
bien qu'ils soient fortement liés : un champ d'action
" interne " et un champ d'action " externe "
à l'intérieur desquels il nous faudra être
particulièrement imaginatifs et innovants.
Le
champ d'action interne concerne notre institution elle-même
et nos rapports avec nos autorités de tutelle.
La
réalisation des objectifs de formation que nous nous
sommes fixés dans le cadre du " quadriennal "
(mise en place du LMD) exigera de l'ensemble des personnels
enseignants et IATOS des modifications profondes de comportements
et de structures.
Il
faudrait donner à toutes les disciplines des outils modernes
de transmission des savoirs (usage des technologies modernes
de l'information et de la communication), répartir plus
équitablement le soutien aux étudiants, définir
et mettre en place des procédures souples d'évaluation
de la qualité des enseignements. La réalisation
de nos objectifs de recherche actuels et à venir nécessite
également la mise en place de dispositifs incitatifs
souples et efficaces sur lesquels il nous faudra réfléchir
collectivement (cf. les assises de la recherche)
Il
faudra infléchir nos structures de recherche dans le
sens de la réalisation de projets innovants et évolutifs.
Mobiliser la communauté des enseignants-chercheurs et
des chercheurs ne passe pas toujours nécessairement par
le regroupement et la concentration dans des structures de recherche
lourdes et difficiles à gérer. Il nous faut rechercher
des formes organisationnelles qui allient la nécessaire
mutualisation des moyens et des compétences à
des formes de gestion souples et décentralisées.
En tout état de cause compte-tenu des méthodes
de classement des universités en matière de recherche,
il faudra mettre l'accent sur les publications dans les meilleures
revues scientifiques et sur les dépôts de brevets
et de licences. Il nous faut publier et inventer et pour cela
organiser et participer à des colloques et à des
programmes de recherche internationaux de haut niveau.
Notre
deuxième champ d'action privilégié concerne
nos rapports avec l'extérieur, c'est à dire avec
notre environnement au sens large.
Il
nous faut intégrer dans nos choix stratégiques
en matière d'enseignement et de recherche et dans nos
structures de fonctionnement notre proche environnement constitué
de moyens humains, physiques et financiers et d'acteurs et d'institutions
publics (les grands organismes de recherche, les collectivités
territoriales, etc.) et privés (groupements d'entreprises
et organisations professionnelles)
Il
paraît évident que dans cette double orientation
d'actions internes et externes le site de Sophia Antipolis constitue
un champ d'expériences passées et de réalisations
futures particulièrement exemplaire. Il nous faut associer
encore plus et mieux " SA " dans " UN "
et inversement impliquer plus étroitement " UN "
dans " SA " de manière à pouvoir mieux
intégrer et s'intégrer dans notre environnement
local, régional, national, européen et international.
L'UNSA
représente une collectivité publique forte d'environ
trente mille personnes (étudiants et personnels), et
cinq fois plus de personnes au moins qui se sentent directement
concernées par la vie de notre université. C'est
beaucoup plus qu'une ville moyenne du département des
Alpes-Maritimes. Nous ne saurions avec une telle masse critique
nous replier sur notre tour d'ivoire et accepter d'être
à ce point ignorés des média locaux. Il
nous faudra donc apprendre à communiquer et à
informer largement le grand public sur nos réalisations.
Il nous faudra aussi apprendre à mettre l'extraordinaire
potentiel de compétences que nous représentons
au service de la collectivité et de l'intérêt
général.
Voici
quelques pistes de réflexion et quelques orientations
qu'il nous faudra collectivement et démocratiquement
décliner en de multiples projets de développement.
Albert Marouani
Président de lUniversité de Nice Sophia
Antipolis.