Novembre 2004 - N°222

 

“Les pôles de compétitivité

Nous avons pour Sophia Antipolis, il y a 35 ans, lancé l’opération “Cité Internationale de la Sagesse, des Sciences et Techniques” où se cotoieraient enseignement supérieur, recherche et entreprises avec une volonté de faire se rencontrer des experts de haut niveau.
C’était concevoir avec un peu d’avance, la notion de pôle de compétitivité et de zone d’excellence dans le cadre d’une vision non seulement européenne mais mondiale.
L’extension à l’espace de la Communauté d’Agglomération et au Département dans le cadre de Sophia - Alpes Maritimes est une conséquence récente du succès.
Les propos du premier ministre lors de la présentation des projets CIADT pour 2005 fait référence à ce succès dont les causes sont multiples mais pour lequels je pense que certains principes sont essentiels.

Tout d’abord une vision à long terme, de l’audace et de la ténacité, ensuite l’organisation de rencontres, de relations, d’événements pour que des hommes et des femmes d’horizons et de préoccupations diverses se rencontrent.
Cette fertilisation croisée, difficile car elle casse la routine de contacts avec les seuls collègues de travail, est source d’innovation. Elle n’est pas spontanée et doit toujours être améliorée.
Enfin la diversité culturelle dans le cas de pôles comme le nôtre basé sur la haute technologie, malgré la difficulté est source de créativité accrue et la naissance d’une culture ouverte, innovante, flexible notamment chez les jeunes entrepreneurs et scientifiques.
C’est une des raisons de l’attractivité de Sophia Antipolis qui n’a pas eu besoin de zone franche.

Le manque de flexibilité du code de travail en France et sa rigidification continue est source de difficultés comme partout. Il conviendrait de rendre possible l’expérimentation pour les zones spécialisées dans l’innovation, l’excellence et la compétitivité, de nouvelles formes de contrat de travail, par exemple des contrats de projets de recherche et innovation qui seraient un peu plus longs ( 5 ans ?) que les contrats à durée limitée, ce qui faciliterait à la fois embauche et fin de travail et conduirait à créer plus d’emplois sans dépense publique.
Et pourquoi pas expérimenter non pas une zone franche fiscale mais une zone franche sociale où la flexibilité serait source d’emplois.


Pierre LAFFITTE
Sénateur des Alpes Maritimes
Président de la Fondation Sophia Antipolis

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