Décembre 2005 - N°232

 

“Les écotechnologies”
Entretien avec Ghislaine Morin, Direction générale des entreprises,
division industries de l'environnement.

Imposées par la réglementation à leurs débuts, les écotechnologies forment aujourd'hui un vaste secteur transversal de l'économie. Les entreprises françaises y occupent des positions de premier plan au niveau mondial.

Les écotechnologies regroupent un ensemble très diversifié de savoir-faire et de techniques servant à mesurer ou à réduire l'impact sur l'environnement d'une activité, d'un procédé ou d'un produit. Une étude récente du ministère de l'industrie en recense 113. Certaines, comme la gestion de l'eau ou des déchets, sont anciennes ; d'autres, comme la réhabilitation des sols pollués ou les technologies de l'hydrogène, encore embryonnaires. Transversales le plus souvent, elles ne forment pas une filière homogène même si toutes relèvent de la préservation des ressources et de l'environnement.

Le marché principal des écotechnologies a longtemps été celui des collectivités locales. Aujourd'hui, il se déplace progressivement vers l'industrie : le secteur privé représente déjà 60 % du marché en Europe. Sa part est appelée à croître encore du fait de la réglementation du recyclage qui se met en place. D'autant plus que l'attitude des entreprises évolue : si les obligations environnementales demeurent pour elles une contrainte inéluctable, elles prennent aussi conscience de leur potentiel comme facteur de compétitivité et d'image. Ainsi que le montre une enquête annuelle du Sessi, les investissements pour protégerl'environnement progressent régulièrement : ils représentent déjà 4 % des investissements industriels et culminent même à 24 % dans le secteur de l'énergie, suivi par la chimie (19 %).

Les écotechnologies sont tantôt internalisées, tantôt externalisées vers des éco-entreprises. Certaines de celles-ci sont engagées depuis longtemps dans des partenariats public/privé qui ont conduit à la constitution en France de grands groupes industriels dans les secteurs de l'eau et des déchets. Premiers mondiaux dans les services à l'environnement, ils ont créé des centres de recherche et développent des technologies pour répondre aux grands enjeux de demain. Aux côtés de ces géants, un grand nombre d'éco-entreprises proposent des biens ou services spécialisés dans les secteurs de l'eau, des déchets, des sols, du bruit et de l'air, à titre curatif et de plus en plus à titre préventif. L'ensemble de ce secteur emploie en France plus de 150 000 personnes. Les pôles de compétitivité soulignent son importance : 31 d'entre eux englobent parmi leurs thématiques des sujets liés à l'environnement et au développement durable.

La Direction générale des entreprises accompagne à tous ses niveaux d'intervention l'essor des éco-entreprises.

C.A. des écotechnologies :

33,6 milliards d'euros en France en 2004. Ce chiffre d'affaires global se répartit en :
• Distribution et assainissement de l'eau : 18 milliards d'euros
• Récupération, gestion et valorisation des déchets : 14,5 milliards d'euros
• Lutte contre le bruit : 635 millions d'euros
• Pollution de l'air : 323 millions d'euros
• Paysages : 125 millions d'euros

Source : étude Direction générale des entreprises


Les 7 principes d'action du Pexe :

• mieux prendre en compte l'évolution des problématiques environnementales et les attentes des marchés,
• accroître la coordination entre les partenaires et favoriser l'émergence de pôles de compétences,
• utiliser pleinement le dispositif public de développement international des entreprises,
• développer des actions à l'initiative des partenaires territoriaux ou avec leur collaboration,
• placer les PME/PMI au coeur du dispositif Pexe,
• favoriser le développement des activités de services, d'études et d'ingénierie,
• renforcer le dialogue sur les grands enjeux et les échéances internationales.

De l'amont vers l'aval, elle :
• s'assure, lors de l'élaboration des directives, lois et règlements, que les solutions retenues sont compatibles avec les technologies existantes,
• encourage et soutient la R&D ainsi que les démarches d'écoconception et de management environnemental,
• accompagne l'intégration des écotechnologies dans les entreprises par des aides au conseil, à l'investissement, au recrutement de spécialistes,
• appuie les initiatives en faveur de l'internationalisation des éco-entreprises.
[...]

Partenaire du Pexe, la Direction générale des entreprises contribue à la promotion des éco-entreprises françaises, par exemple en organisant des programmes de rencontres avec des organismes publics étrangers.

Contact :ghislaine.morin@industrie.gouv.fr
Pour en savoir plus : www.industrie.gouv.fr/portail/secteurs/ecoentreprises.html

 

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