Francis Palmero est mort, il y a vingt ans, le 13 mai 1985.
Avec persévérance et ténacité, son
engagement permanent au service de tous en tant qu'élu
de proximité comme en tant qu'élu national était
remarquable.
Conseiller général d'avril 1958 jusqu'à
son décès, il a présidé aux destinées
du Département par deux fois de 61 à 64 et de
67 à 73. Sa ville de Menton dont il était maire
de 1954 à 1977 puis conseiller général
de 1978 jusqu'à son décès lui a consacré
un hommage mérité sous l'égide de Jean-Claude
Guibal.
Député de 1958 à 1968, Sénateur
de septembre 1971 jusqu'en 1985, il a dignement représenté
le Département, notre population et la France, notamment
au sein de la Commission des Affaires étrangères
du Sénat.
Je
connaissais Francis que j'avais rencontré à Vence,
dès les années 50 chez mon beau-père, Emile
Hugues. Tous deux étaient humanistes, dévoués
à la chose publique et politiquement, des radicaux convaincus.
J'ai eu recours à lui pour lancer Sophia Antipolis dès
1965 mais en 1969 il m'a invité à présenter
au Conseil général en réunion publique
qui nécessitait une convention de ZAC avec une collectivité
locale : créer sur la garrigue au nord d'Antibes, une
Cité Internationale de la Sagesse, des Sciences et des
Techniques, un quartier latin aux champs sur la Côte d'Azur,
dénommé Sophia Antipolis.
Le projet avait l'appui du journal Nice Matin présidé
d'une main de fer par Michel Bavastro, et de Jérôme
Monod le délégué à l'aménagement
du territoire. Respectueux de l'environnement. Il prévoyait
un développement économique compatible avec le
tourisme et la protection de la nature et, en outre, ne sollicitait
pas les finances publiques.
Francis
Palmero faisait partie du petit nombre d'élus qui pensait
que le futur de nos pays européens résidait dans
l'utilisation massive des idées, de l'intelligence, du
savoir. On parlait encore très peu de Société
de l'information et de révolution de l'intelligence mais
il sut trouver les mots pour convaincre le Conseil. D'autant,
ajoutait-il, que cela ne coûtait rien et pouvait rapporter
gros.
Peu de temps après, au cours de l'été 1971,
Francis Palmero me demanda d'être son suppléant
pour les élections sénatoriales à venir
au mois de septembre. Ce poste de suppléant du Président
du Conseil général était très convoité
par nombre de maires de grandes villes. Francis me dit qu'en
s'adressant à un scientifique reconnu sur la place de
Paris, il ne vexerait personne
Par la suite, le soutien permanent de Francis, ses contacts
avec tous les ambassadeurs étrangers à Paris,
ses discours à la tribune du Sénat ont facilité
la promotion du projet.
De
même la création du syndicat mixte SYMIVAL, uvre
de Francis Palmero, épaulé par le Préfet
et la DATAR, a permis d'amplifier les actions de Sophia Antipolis
et d'assurer un financement pour partie public dont il faut
souligner qu'il est très inférieur aux recettes
fiscales et sociales qu'il procure. C'est ainsi que le succès
initial s'est transformé en un triomphe que la plupart
des régions européennes et mondiales nous envient
et tentent de copier.
En janvier 1982, avant la création de la Fondation Sophia
Antipolis, Francis Palmero, rapporteur d'un dossier de demande
de subvention spécifique pour développer la Fondation,
a appuyé devant l'Assemblée départementale
le projet.
Si le rôle de Francis pour le développement de
Sophia a été important, bien d'autres succès
sont à son actif.
Citons la relance des activités culturelles dans notre
Département et en particulier le festival de Musique
de Menton et la biennale d'art. Bien d'autres batailles - en
faveur du tunnel du Mercantour, des communes touristiques du
littoral, de la dépollution des eaux, du chemin de fer
de Provence l'ont occupé.
Mais sans que ceci l'empêche de s'occuper activement des
cas humains. Je citerai tout particulièrement sa lutte
en faveur des rapatriés d'Afrique du Nord, son combat
efficace contre injustices et tracasseries administratives les
plus variées. Son initiative pour le premier centre pour
handicapés du département ( Barriquand, Alphand,
etc. ). Son action inlassable n'a pas été limitée
par sa douloureuse maladie. Jusqu'à ses dernières
semaines, il poursuivait inlassablement son uvre de représentant
du peuple et des collectivités locales. Francis Palmero
est l'un des hommes dont la modestie, le talent, la ténacité
méritent bien que notre département honore sa
mémoire.
Pierre Laffitte
Président de la Fondation Sophia Antipolis