Sophia fait son miel de la génomique
La publication
dans la revue "Nature" (26 octobre) de la séquence
complète du génome de l'abeille (Apis mellifera) symbolise
de façon éloquente la transformation profonde de la
biologie contemporaine: à l'instar des autres grands projets
de séquençage (dont celui de l'homme en 2003), ce
travail représente un effort collectif qui a impliqué
plus de 150 chercheurs de 20 pays différents.
La communication à
distance et l'échange d'information d'une communauté
de biologistes a ainsi permis de mieux appréhender l'organisation
sociale d'un insecte modèle de communication et d'industrie
! indique le Dr. René Feyereisen (Centre Agrobiotech de Sophia
Antipolis), qui a participé à ce projet. Afin d'exploiter
toutes les informations issues de projets de séquençage
comme celui de l'abeille, de nouvelles approches conceptuelles et
expérimentales sont nécessaires et font l'objet de
développements extrêmement actifs dans la région
PACA-Est. Ces approches en " -omique " (transcriptomique,
protéomique, métabolomique) permettent des études
chez tous les êtres vivants, de l'abeille à l'homme.
Visant à trouver, interpréter et exploiter l'information
inscrite dans les génomes, elles constituent une nouvelle
façon d'aborder la biologie baptisée " génomique
fonctionnelle ". Ainsi le Dr Pascal Barbry (Institut de Pharmacologie
Moléculaire et Cellulaire) et le Dr René Feyereisen
ont créé il y a cinq ans une plate-forme " puces
à ADN ", afin de développer cette nouvelle discipline.
La plate-forme de Sophia Antipolis a fabriqué des milliers
de capteurs (les fameuses " puces à ADN ") permettant
l'analyse parallélisée de milliers de gènes
exprimés chez l'homme et d'autres organismes.
La mise en place de cette
structure semi industrielle (certifiée ISO9001 v.2000) dans
un contexte académique permet d'offrir aux laboratoires de
la région, ainsi qu'à des collaborateurs nationaux
et internationaux un outil de recherche de pointe à des coûts
acceptables.
Les applications biomédicales
de la plate-forme sont importantes, et un partenariat récemment
conclu avec le CHU de Nice doit permettre de développer des
applications cliniques des puces à ADN pour le diagnostic
de certains cancers. La quantité extraordinaire de données
générées par les approches de la génomique
fonctionnelle rend aussi nécessaire la mise en place de méthodes
d'analyses plus performantes.
Des collaborations en cours avec l'INRIA de Sophia Antipolis ont
pour but d'analyser les résultats des expériences
à l'aide des outils les plus récents du web sémantique
et de la modélisation.
Conscients de l'importance que jouera la génomique fonctionnelle
dans la biologie du futur, les acteurs académiques et industriels
du site se sont mobilisés autour de l'Association Sophia
Biotech pour organiser à un rythme trimestriel des "
Rencontres Génomiques de Sophia ", au cours desquelles
des intervenants extérieurs prestigieux viennent présenter
leurs travaux. La prochaine rencontre, qui aura lieu le 19 décembre
prochain au CERAM, aura parmi les invités le Pr. Bertrand
Jordan, créateur de Marseille-Nice Génopôle®
Contacts :
René Feyereisen
rfeyer@sophia.inra.fr
Directeur, UMR 1112, INRA-Université de Nice-Sophia Antipolis
Pascal Barbry
barbry@ipmc.cnrs.fr
Directeur, Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire
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