Le
dérèglement climatique, puisqu'on ne parle plus
de réchauffement, " coûte " d'ores et déjà
1 % du PIB mondial, dont plus de 200 milliards de dollars par
an actuellement pour les États-Unis.
Ce chiffre va décupler d'ici peu. Une étude allemande
prévoit que, dans les années 2050, le coût
pour les seuls États-Unis sera de 2 000 milliards de dollars
par an. Dans les années 2030, 3 % du PIB mondial seront
consacrés à essayer de réparer les conséquences
des catastrophes climatiques !
Si l'on y ajoute le coût de l'augmentation du prix du pétrole,
qui est de l'ordre de
1 % à 1,5 % du PIB mondial, les pays industrialisés
auront l'équivalent de 4,5 % du PIB mondial en moins pour
leurs investissements, soit un taux plus important que celui de
la croissance européenne. En France, le " plan climat
" prévoit une transition énergétique,
qui est indispensable et urgente. Je rappelle qu'il s'agit de
diviser par quatre les émissions de CO2.
Nos filières électronucléaire et hydroélectrique
nous permettent de l'envisager, alors que beaucoup d'autres pays
ne le peuvent pas. La France, qui dispose de tous les outils nécessaires,
peut devenir un modèle en matière d'économies
d'énergie, de captation et de séquestration du CO2
à la source pour les centrales et industries lourdes, de
biocarburants, de stockage d'électricité en batteries,
d'énergie photovoltaïque ou provenant des éoliennes,
d'oxycombustion, d'usage des TIC pour l'aménagement du
territoire, de diminution du " tout automobile ", de
développement du ferroutage, de l'augmentation du nombre
de bâtiments zéro énergie, ou d'isolation,
grâce à Saint-Gobain. La France peut et doit servir
de modèle au monde, comme au siècle des Lumières.
L'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques,
à présenté le 29 juin au Sénat, un
rapport pour lequel nous avons procédé à
plus de 300 auditions à travers le monde, notamment en
France, en Allemagne, aux États-Unis, en Chine et au Japon.
Un des sous-titres est " Alerte rouge, une action urgente
! ", car nous allons dans le mur !
Le rapport de l'Office comprend de nombreuses suggestions, comme
accroître l'effort de recherche dans les domaines liés
à la transition énergétique. Nous suggérons
la création d'une " vignette carbone ", dont
les bénéfices seraient de l'ordre de deux milliards
d'euros par an, l'augmentation de la TIPP rapportant à
peu près le même montant.
En même temps, nous proposerons une structure interministérielle
nouvelle et des actions internationales fortes, notamment vis-à-vis
de l'OMC. Ce point me paraît important pour que la France
et l'Europe adoptent de concert une organisation nouvelle. Nous
savons que la plupart des pays en voie de développement
seront d'accord avec nous, car ils sont parmi les plus exposés
aux désastres du changement climatique.
Ce travail, comme tous les travaux de l'Office, repose sur des
données sérieuses, avec une stratégie à
vingt ans, pour résoudre le difficile enjeu consistant
à sortir d'une situation où 80 % de l'énergie
consommée dans le monde est d'origine fossile, nous conduisant,
dans moins d'une vingtaine d'années, à une impasse
financière et à une catastrophe humaine.
La lutte contre le changement climatique est une nécessité.
Il est essentiel, à l'occasion des débats sur la
politique énergétique, de montrer que les temps
changent, que nous avons su adopter longtemps à l'avance
une position de transition énergétique favorable,
afin de devenir un modèle pour le monde en ce domaine.
Pierre LAFFITTE
Sénateur des Alpes-Maritimes
Président de la Fondation Sophia Antipolis
http://www.senat.fr