Le
site archéologique
du mont Bego est
connu pour ses milliers
de gravures protohistoriques
attribuées
à une période
allant du Chalcolithique
jusqu’à
l’âge
du Bronze ancien.
Dans
les Alpes du Sud
et à proximité
de la ville de Tende,
le site occupe une
position mitoyenne
entre la plaine
padane et la côte
provenço-ligure.
Habitable
durant quelques
mois en été,
il sert aujourd’hui
d’alpage aux
bergers de la région.
L’ensemble
des gravures se
situe entre 2 000
et 2 700 mètres
d’altitude.
Les
premières
mentions des gravures
remontent au XVe
siècle mais
ce n’est qu’à
la fin du XIXe qu’elles
seront attribuées
à l’âge
du Bronze par le
préhistorien
Emile Rivière.
Les
gravures rupestres
furent ensuite étudiées
par Clarence Bicknel
puis par Carlo Conti
durant la première
moitié du
XXe siècle.
C’est
à partir
de 1967, que le
Professeur Henry
de Lumley et son
équipe entreprit
l’inventaire
exhaustif et l’étude
des gravures rupestres
du Chalcolithique
et de l’âge
du Bronze ancien
de la région
du mont Bego.
Le
corniforme, représentation
d’un bucrane
ou figure schématique
d’un bovidé
est la représentation
la mieux connue.
On en dénombre
plus de dix mille
répartis
sur l’ensemble
du site (50 km2).
D’autres
thèmes viennent
compléter
un registre réduit
à une quarantaine
de signes : réticulés,
attelages, armes,
anthropomorphes,
figures géométriques.
Les
gravures représentant
des armes ont fournis
les premières
indications chronologiques
et culturelles.
En effet, de nombreuses
représentations
de poignards montrent
des influences des
cultures de Polada
et du Rhône,
soit environ 1 800
av. J.-C., ce qui
traduirait éventuellement
un maximum d’occupation
durant cette période.
Plus anciennes,
certaines gravures
d’armes ont
des formes similaires
à des objets
de la culture de
Remedello, soit
vers 3100 av. J.-C.
Comme
ces gravures superposent
des gravures de
corniformes et de
réticulés
notamment, on est
en droit de penser
que l’occupation
du site s’est
faite avant cette
date.
On
doit aussi souligner
que toutes les gravures
n’ont pas
vocation à
avoir un rendu réaliste.
Parfois
constituées
de quelques cupules
éparses ou
regroupées
en nuages, la moitié
des 38 000 gravures
inventoriées
sont des représentations
non figuratives
et la majorité
d’entre elles
montre une disposition
intentionnelle.
Les
méthodes
de gravures sont
restées simples.
Bien que l’on
trouve des roches
gravées par
percussion directe,
la majorité
des gravures ont
été
réalisées
par pression et
rotation d’un
outil en pierre
dure posé
directement sur
la surface de la
roche. Aucun pigment
de couleur n’a
été
retrouvé.
La
récurrence
des techniques de
gravure, la standardisation
des représentations
et les nombreuses
gravures non figuratives,
indiquent une emprise
forte de la tradition.
On pense à
un rite se déroulant
l’été,
consistant autant
dans un pèlerinage
que dans l’acte
de graver.
Outre
les gravures protohistoriques,
le site regroupe
un nombre important
de gravures de bergers,
de lettrés,
de militaires, etc.
et les vestiges
d’une activité
pastorale et d’occupation
militaire importante.