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Expositions

La Vallée des Merveilles

 

 

Interviews réalisées par Radio Côte d'Azur

 

La Vallée des Merveilles racontée
par le Professeur Henri de Lumley


Monts et Merveilles, le chant d’amour d’André Verdet

 

Complèments d'informations

 

Généralités sur les gravures rupestres du Chalcolithique et de l’âge du bronze ancien de la région du mont Bego

Le site archéologique du mont Bego est connu pour ses milliers de gravures protohistoriques attribuées à une période allant du Chalcolithique jusqu’à l’âge du Bronze ancien.

Dans les Alpes du Sud et à proximité de la ville de Tende, le site occupe une position mitoyenne entre la plaine padane et la côte provenço-ligure.

Habitable durant quelques mois en été, il sert aujourd’hui d’alpage aux bergers de la région. L’ensemble des gravures se situe entre 2 000 et 2 700 mètres d’altitude.

Les premières mentions des gravures remontent au XVe siècle mais ce n’est qu’à la fin du XIXe qu’elles seront attribuées à l’âge du Bronze par le préhistorien Emile Rivière.

Les gravures rupestres furent ensuite étudiées par Clarence Bicknel puis par Carlo Conti durant la première moitié du XXe siècle.

C’est à partir de 1967, que le Professeur Henry de Lumley et son équipe entreprit l’inventaire exhaustif et l’étude des gravures rupestres du Chalcolithique et de l’âge du Bronze ancien de la région du mont Bego.

Le corniforme, représentation d’un bucrane ou figure schématique d’un bovidé est la représentation la mieux connue. On en dénombre plus de dix mille répartis sur l’ensemble du site (50 km2).

D’autres thèmes viennent compléter un registre réduit à une quarantaine de signes : réticulés, attelages, armes, anthropomorphes, figures géométriques.

Les gravures représentant des armes ont fournis les premières indications chronologiques et culturelles. En effet, de nombreuses représentations de poignards montrent des influences des cultures de Polada et du Rhône, soit environ 1 800 av. J.-C., ce qui traduirait éventuellement un maximum d’occupation durant cette période. Plus anciennes, certaines gravures d’armes ont des formes similaires à des objets de la culture de Remedello, soit vers 3100 av. J.-C.

Comme ces gravures superposent des gravures de corniformes et de réticulés notamment, on est en droit de penser que l’occupation du site s’est faite avant cette date.

On doit aussi souligner que toutes les gravures n’ont pas vocation à avoir un rendu réaliste.

Parfois constituées de quelques cupules éparses ou regroupées en nuages, la moitié des 38 000 gravures inventoriées sont des représentations non figuratives et la majorité d’entre elles montre une disposition intentionnelle.

Les méthodes de gravures sont restées simples. Bien que l’on trouve des roches gravées par percussion directe, la majorité des gravures ont été réalisées par pression et rotation d’un outil en pierre dure posé directement sur la surface de la roche. Aucun pigment de couleur n’a été retrouvé.

La récurrence des techniques de gravure, la standardisation des représentations et les nombreuses gravures non figuratives, indiquent une emprise forte de la tradition. On pense à un rite se déroulant l’été, consistant autant dans un pèlerinage que dans l’acte de graver.

Outre les gravures protohistoriques, le site regroupe un nombre important de gravures de bergers, de lettrés, de militaires, etc. et les vestiges d’une activité pastorale et d’occupation militaire importante.

 
Mythes cosmogoniques du chalcolithique et de l'age du bronze ancien, de la montagne sacrée du Bego, Nice, Alpes-Maritimes par Henry de Lumley et Annie Echassoux


Le relevé systématique des gravures rupestres de la région du mont Bego entrepris en 1967 sur un territoire d’environ 2000 ha est concrétisé aujourd’hui par une banque d’images contenant, entre autres, 3 700 plans de roches gravées et une base de données très détaillée décrivant plus de 40 000 figures protohistoriques.
L’étude des plans de roches gravées permet de souligner quelques grands caractères de cet ensemble graphique :
. Les figures peuvent se regrouper selon cinq grands thèmes iconographiques : les corniformes, les armes et outils, les anthropomorphes, les attelages et les figures géométriques.
Les représentations sont schématiques, et comme des signes, répondent à des conventions indéniables et à des règles de composition.
Les compositions riches en gravures sont rares. Plus de la moitié des roches gravées ne comportent pas plus de trois signes.
Les signes, abstraction faite de leurs nombreuses variantes, ne sont pas plus de quarante. Ils s’associent entre eux selon plus de cent cinquante modalités différentes et répétitives et ils entrent dans des constructions et des compositions précises et itératives.
Le support est choisi selon des critères encore mal définis, car certaines surfaces attirantes pour la main d’un graveur sont restées intactes.
La similitude des thèmes gravés, en particulier les armes, avec certains objets archéologiques découverts dans les sites archéologiques provençaux, alpins ou rhodaniens datent la fréquentation du lieu et la période de gravure entre le Néolithique final ou Chalcolithique, et la fin de l’âge du Bronze ancien.
La comparaison entre les figures du mont Bego et les symboles présents dans le Bassin méditerranéen depuis la fin de la dernière période glaciaire a révélé quelques convergences qu’il y a lieu d’approfondir : personnages, scènes, figures réticulées, rouelles, zigzags,…
Lorsqu’elles incluent un anthropomorphe, les compositions gravées évoquent les grands récits mythiques du quatrième millénaire avant notre ère. Chacune de ces compositions est unique dans la région du mont Bego, bien qu’elle présente des analogies avec les autres.
En un mot, l’ensemble gravé du mont Bego ne saurait être l’oeuvre d’un prétendu penseur accomplissant ses gravures « seul dans sa tête ». Il semble bien au contraire être l’oeuvre d’une population organisée possédant un système graphique symbolique très élaboré, appris et transmis de génération en génération sur au moins un millénaire. Une population telle qu’il en existait en Méditerranée orientale à la même époque.

 
Henry de LUMLEY

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Photos de la Vallée des Merveilles

  

 

 

 

 

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