Depuis près de quarante ans,
grâce à Sophia Antipolis,
l'innovation se développe
dans les Alpes-Maritimes, désormais
à la pointe de la modernité.
La Cité internationale de
la Sagesse, des Sciences et des
Techniques, poursuit son développement,
en conservant les contraintes d'environnement
initiales (pas de fuel, protection
des sites, caractère de parc,
etc...) : le prototype d'un développement
durable, qui, d'après la
Chambre de Commerce, induit plus
de 4 000 millions d'euros de produit
intérieur brut par an.
Depuis plus de vingt ans, au Sénat,
j'insiste pour que la politique
de l'innovation soit une priorité
politique en France. Ceci est enfin
reconnu comme le prouve, la loi
de programmation de la recherche,
la création d'agences spécialisées,
le renforcement du crédit
d'impôt recherche, la création
de zones d'excellence et pôles
de compétitivité à
partir du modèle de Sophia
Antipolis (selon Jean-Pierre Raffarin).
La mondialisation pour la France
et l'Europe provoque des délocalisations
industrielles. Pour les enrayer
et y répondre, une solution
essentielle pour attirer les cerveaux
et les créatifs : l'innovation.
L'attractivité nécessite
des efforts continus pour assurer
la qualité tant de l'environnement
matériel que de l'écosystème
intellectuel.
Pour l'environnement, nous avons
la chance que la CASA prépare
une situation exemplaire (Charte
de l'environnement qu'elle met en
place, soucieuse du développement
durable, plans stratégiques
adoptés par les 16 communes
de la Communauté d'Agglomération,
etc) avec l'appui du tissu associatif.
Comment agir sur l'écosystème
intellectuel ? Comment créer
un esprit dynamique et ouvert, renforcer
la fertilisation croisée,
la veille technologique, un réseau
mondial de la compétition-coopération
avec les pays émergents d'Asie,
d'Afrique, d'Amérique et
tout en poursuivant les coopérations
avec les pays avancés, notamment
européens ?
La Fondation Sophia Antipolis qui
s'y consacre depuis plus de vingt
ans dispose d'une expérience
et de réseaux difficilement
remplaçables. Son action
s'est concentrée sur l'immatériel,
où elle joue un rôle
d'interface pour développer
une culture moderne respectueuse
des traditions. La modernité
nécessaire implique des liens
étroits avec le monde intellectuel,
industriel, financier, non seulement
local, mais français et international,
et une compréhension des
changements en cours. Sophia Antipolis
doit, en effet, demeurer sur l'ensemble
des domaines essentiels, être
à l'affût de l'évolution
des sciences, des marchés,
de l'éthique. Pour cela,
il faut rester au contact des foyers
intellectuels et d'innovation mondiaux..
Petit à petit, la Fondation,
l'appui des collectivités
locales, des entreprises, et des
milieux de recherche, a contribué,
année après année,
à générer un
microclimat intellectuel sur le
site qui peut et doit désormais
se répandre beaucoup plus
largement. Ce microclimat conduit
à de la vitalité,
de l'enthousiasme. Ceci se mesure
à la quantité de nouvelles
entreprises, qui ne demandent qu'à
grandir avec l'appui de «
business angels », (les investisseurs
providentiels), des capitaux risqueurs.
On sait chez nous que le plus grand
risque est de ne pas prendre de
risque.
Cette fonction de catalyseur d'un
changement de culture, ce rôle
d'intercesseur, de mise en relation
quotidienne, de préparation
du futur, la Fondation le poursuit
depuis des années. Ce n'est
pas un hasard si la communauté
européenne vient de la charger,
conjointement avec l'une des meilleures
structures académiques de
l'Europe du Nord, et avec un Advisory
Board, conseil stratégique
que je préside, de préparer
un Mémorandum sur l'innovation
qui devrait être signé
par les 27 chefs d'Etats d'Europe,
début 2008. Cette reconnaissance
du rôle de la Fondation dans
le secteur vital pour l'avenir que
constitue l'innovation, est un atout
supplémentaire pour notre
département.
Cela nous permet d'espérer
élargir le rôle d'appui
aux innovations en créant
une plateforme de services consacrée
à tous les innovateurs, notamment
des pays de l'Europe du Sud et de
la Méditerranée. Cette
plateforme de services facilitera
une croissance accélérée
des PME, par la mise en contact
avec des équipes scientifiques,
des grandes entreprises et des partenaires
PME internationales et par la diffusion
des meilleures pratiques en matière
d'innovation, d'échanges
et de partenariats.
Elle redonnera à notre antique
Mare nostrum une grande ambition.
Faire souffler, chez nous, comme
du temps de la Grèce antique
ou de la Renaissance italienne,
l'esprit de créativité,
d'innovation, de culture et d'éthique.
Allier à des racines antiques,
les ailes de la modernité,
c'est le vrai développement
durable.
Pierre
LAFFITTE mars 2007
Président de la Fondation
Sophia Antipolis
Sénateur des Alpes Maritimes